La Vie en Rose au Portugal

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Portugal : Octobre 2018- Naissance d'un Forum Mondial dans la Serra da Estrela - Les parents et l'enfant se portent bien !

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Ce 13 octobre 2018, la 24ème édition du CineEco de Seia a vu naître le 1er Forum Mondial des Festivals de Cinéma Environnemental.

Pas moins de 35 organisations du secteur y sont venus du monde entier présenter leurs meilleurs voeux et leur évènement.

 

Cette fois encore, la Serra da Estrela accueille le Festival International du Film Environnemental,  le CineEco.

Le comité organisateur, la ville de Seia, travaille toute l'année à ce que cette semaine d'exception assure à la ville, et à cette région du Centre,  un rayonnement qui positionne le Portugal en leader d'innovations dans ce domaine.

 

Se différencier reste un leitmotiv, confirme la représentante du Tourisme du Centre, venue soutenir l'initiative qui, selon elle, favorise aussi la promotion touristique.

 

Le directeur du Green Film Network (39 festivals dans le monde), Gaetano Capizzi, reste convaincu que le film est assurément un excellent moyen pour sensibiliser le public, et surtout la jeunesse. A voir le hochement de tête collectif, il n'est pas le seul. Tous les membres du Forum se sont accordés pour dire que la mission d'enseignement des festivals de cinéma environnemental est primordiale.

 

Et c'est aussi de l'avis de Mário Branquinho, Directeur du CineEco, qui fait ce rêve : voir le CISE - Centre d'Interprétation de la Serra da Estrela, où se tenait le Forum- devenir un centre éducatif reconnu, d'où le festival pourrait envoyer des signaux forts de changement.

 

Le 1er Forum Mondial des Festivals de Cinéma Environnemental de Seia

 

Peter O'Brien (Washington DC) et Eleonora Isunza (México) ont dirigé ce tout nouvel événement au cours duquel 35 festivals du monde entier sont venus se présenter à leurs pairs. Ils ont développé leurs particularités mais aussi les difficultés économiques ou politiques, voire parfois les deux, qui freinent leur mission.

 

C'est le cas du festival Iranien qui a été suspendu pendant 11 ans. Son organisateur, indiquait avec humour et douceur que son pays avait connu des troubles qui ne "donnaient pas vraiment envie de se déplacer pour assister à un festival du film vert". Ce festival est à nouveau disponible mais, indépendant des institutions gouvernementales, il peine à perdurer, faute de moyens financiers.

 

 La Colombie, quant à elle, est venue annoncer la fermeture de son organisation. les moyens étant insuffisants pour que sa jeune directrice et ses parents puissent en continuer la diffusion.

 

Le financement reste donc le principal problème de tous ces festivals ( à l'exception de quelques-uns bien trop peu nombreux). Cependant, avec peu d'argent, ils arrivent à faire tout de même de l'excellent travail.

 

Greenpeace Festival est actuellement une organisation entièrement numérique. Les films en compétition sont diffusés sur internet et le public fait sa sélection en ligne.

 

Il a d'autres belles initiatives, comme au Kosovo dont le festival est ambulant ou comme en Croatie qui avec 6.000 euros de budget transporte son festival à vélo.

 

L'Inde et la Corée ont fait part de leur ambition courageuse et volontaire.

 

Malgré le peu d'argent mis à la disposition de la plupart de ces initiatives, bien souvent individuelles, tous organisent ces compétitions dans le seul but de sensibiliser, organisant forums et workshops de manière à permettre le dialogue entre la plupart d'entre nous, les spectateurs, et les cinéastes et artistes qui voudraient nous voir devenir des spectateurs-acteurs.

 

Le One World Festival ne joue d'ailleurs pas sur les mots. En plus d'ouvrir son évènement aux mal-entendants, aux mal-voyants, aux personnes à mobilité réduite ou aux déficients mentaux, ils sont parvenus à faire monter des visiteurs sur des vélos. Ils pédalent pour assurer l'énergie suffisante à la projection des films.

 

Mais leur engagement va plus loin. Les dirigeants du festival Planeta Mexique constituent une banque de données documentaires pour les étudiants et les scientifiques: Pour eux,"ce n'est pas le cinéma qui changera le monde, mais le cinéma peut aider les personnes qui veulent changer le monde".

 

Autre ambition et pas des moindres, celle du festival de San Francisco qui met l'accent sur les productions cinématographiques d'artistes féminines et/ou de couleurs: " Le langage du cinéma est universel. Il n'a pas besoin de mots", finit par conclure sa représentante.

 

Ces festivals ne sont pas que l'occasion donnée à des artistes de faire preuve d'activisme. Deux festivals français y associent d'autres intervenants. A Deauville, l'évènement n'est ouvert qu'aux professionnels. Son directeur souhaite ainsi rappeler aux professionnels leur  responsabilité d'information.

Quant au FReDD, autre festival français qui se dit occitanien, il manifeste une volonté unique d'associer les scientifiques à son travail.

 

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Informer de l'importance de nos comportements dans la préservation de la planète.

 

Werner Boote, dont le film The Green Lie (Le mensonge vert) inaugaurait le CineEco 2018, est venu témoigner.  En réalisant des films sur notre planète, comme Plastic Planet qui lui a valu son entrée dans le monde des cinéastes professionnels, Werner a changé son comportement de consommateur. " Le changement vient avec les spectateurs", affirme-t-il en connaissance de cause, "le film peut donner la direction à suivre pour vivre une "bonne vie". "

 

C'est également sur le concept de "bonne vie" qu'a rebondi Ailton Krenak, le leader brésilien indigène. Avec 41 ans d'engagement, il fait la différence entre une "boa vida" (bonne vie) et "vida boa" (vie bonne). "La Terre est notre maison commune. Faire une bonne gestion de notre environnement, c'est comme bien entretenir notre maison, comme bien nous gérer nous-mêmes. Il y a de nombreux endroits sacrés (entendez importants, ndr) sur notre planète auxquels il nous faut être attentifs. L'éducation n'est pas seulement à faire dans les têtes mais aussi dans les coeurs. Pour être plus efficaces, les festivals gagneraient à mettre en avant les préoccupations locales, de proximité, régionales avant de parler de ce qui se passe ailleurs.  La solution globale viendra d'abord de changements locaux, les préoccupations environnementales du bord de mer ou à la montagne ne sont pas les mêmes. Puis ce sont les technologies qui permettront la dissémination des solutions locales plus efficaces et plus faciles à mettre en place. La contagion provoquera le changement".

 

Difficile de résister au message plein de bon sens de cet homme simple, doux et qui s'adresse avec beaucoup d'humilité à des gens bien préoccupés de savoir comment assurer une meilleure diffusion de leurs films. Assurément une vérité bonne à dire. L'ovation qui a suivi prouve que tous l'ont entendue.

 

Calou Gato,

dimanche 14 octobre 2018

en direct du 24ème CineEco à Seia - Portugal 

 

Les projections des films en compétition sont publiques et totalement gratuites.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



15/10/2018
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