La Vie en Rose au Portugal

La Vie en Rose au Portugal

Portugal : Je dénonce l'inadmissible... Quand les Hommes redeviennent des loups pour les Hommes...

Vous n´êtes pas sans savoir que je cherche un travail rémunéré...

 

De ce fait, je suis amenée, comme tout le monde, à envoyer des CV et parfois, à recevoir des réponses.

 

Bien sûr, nous sommes au courant de l'état du marché de l'emploi portugais, nous n'ignorons pas que le salaire de base est très bas par rapport au reste de l'Europe.

 

Ainsi, un travailleur au Portugal sera au moins (c'est la loi) payé 580 euros bruts/mois (21 jours utiles) sur 14 mois, soit 3,45 euros bruts/heure (sur une base de 21x8h=168h/mois. On peut se laisser à penser que pour un salaire de base, les qualifications requises seraient elles aussi basiques. Ce serait "normal"...

 

Bon nombre de sociétés s'implantent donc au Portugal en raison de cette main d'oeuvre qui peut être bon marché.

Je dis qui PEUT, mais pas forcément qui DOIT !

 

Les entreprises internationales qui arrivent en masse offrant des postes temporaires sur base de projets-clients profitent de cette aubaine mais n'osent tout de même pas- image de marque en cause- exploiter les ressources humaines qu'elles font venir de l'étranger ou trouvent ici. En plus d'un salaire brut plus élevé que la base légale, ils offrent de nombreux avantages extra-salariaux comme des interventions dans les trajets, des tickets repas, des billets de spectacle moins chers, des logements mutualisés mais à des prix avantageux...

 

 

Mais voilà, il y a des entreprises bien moins scrupuleuses et aux pratiques que je qualifierais aisément de honteuses.

 

Je me suis présentée ce matin à Lisbonne, dans un quartier d'affaires assez excentré mais très proche des réseaux de transport en commun. On m'attendait au 7ème étage d'un très bel immeuble entre deux avenues, aguichantes pour la Caldense (habitant de Caldas da Rainha) que je suis, puisqu'elles portent le nom de deux artistes dont ma ville s'enorgueillit.

 

J'avais donc apporté, en présent, le guide de Caldas da Rainha que j'ai écrit l'an dernier (autant permettre à ces gens qui m'engageront peut-être de se cultiver Clin d'œil ohhhh la fayote...).

 

On m'accueille, on m'assoit, on me présente l'entreprise. Là tout va bien. Je m'étais documentée avant de partir : gros groupe d'assurances, pionnier sur certains marchés, implanté dans le monde entier bien qu'aux origines latines... je suis rassurée.

 

Au bout d'un quart d'heure d'échanges sur des sujets divers et variés, on en arrive à l'offre.

 

La voici !

 

Mission :

 

- gérer en front office (en première ligne) l'assistance aux clients. 

Donc, vous avez une assurance chez eux, vous êtes en vacances et accidentez votre voiture ou tombez malade, cela aurait pu être moi qui aurais décroché votre appel.

- diverses tâches administratives internes/externes liées à la mission.

 

Cette mission demande des personnes aux compétences humaines solides (empathie, écoute, etc...) ainsi qu'un grand pouvoir de gestion du stress (le sien et celui des clients). 

En plus, les candidats auront d'excellentes aptitudes informatiques et parleront parfaitement le français ainsi que l'anglais mais aussi le portugais ou l'espagnol (donc polyglottes).

 

Par ailleurs, le service portant sur 365 jours par an et 24H/24H, la plage horaire de travail couvre le 7h30-23h00, du lundi au dimanche, jours fériés inclus.  Une disponibilité totale et une grande flexibilité sont donc exigées.

 

Sachez aussi, me dit-on, que le soir et les weekends, les personnes en charge des appels doivent aussi faire preuve d'un très grand sens des responsabilités, être créatifs et autonomes (ben oui, les responsables ne sont pas forcément là le soir et le weekend).

 

Les conditions (la Responsable du Personnel a dit "notre offre" Sourire

 

1) Vous habitez Caldas da Rainha, il serait bien que vous pensiez à vous rapprocher de Lisbonne pour être sûre d'être disponible.... Oui, dis-je, c'est faisable.

 

2) Ah ! Et...Oups ! on a oublié de vous dire que c'est un CDD. Vous travaillez pour une société d'intérim qui nous vend vos services... mais ne vous en faites pas, cette mission sera longue, longue, longue...

Longue comment ? Ça on ne sait pas encore vous le dire....

Ah ? Mais si je dois louer à Lisbonne, comment je fais sans savoir combien de temps je reste chez vous ? Réponse: sourire...

 

3) Horaire : temps plein (rotations entre 7h et 23h, du lundi au dimanche), soit 40 heures par semaine

 

4) Rémunération brute mensuelle : 639,18 euros (3,69 euros/heure) avec un supplément mensuel de 127,84 euros bruts (en cas de rotation... entendez travail de nuit)

 

5) on vous donne en chèque-repas, 10 euros par jour ("pas en liquide, sinon on a des charges"... véridique)

 

6) pour la rémunération, la période prise en compte est du 21 au 20 du mois suivant mais vous ne serez payée que le dernier jour utile de chaque mois... Ah bon ? et à qui profite mon salaire sur les minimums 10 jours entre la période de travail et la paiement du salaire ?

 

7) les congés et la prime de fin d'année (13 et 14ème mois) sont compris dans votre mensualité.

 

Ma réaction :

 

"C'est sérieux ? Mais c'est impossible de vivre simplement, très simplement avec cette somme"

Réponse : sourire contrit...

 

Puis-je avoir la temps du voyage de retour pour la réflexion ?

Réponse : oui, oui bien sûr... et si vous voulez trouver d'autres candidats pour cette équipe, nous comptons sur vous !

 

Moi : euh !!!! pour les autres, le problème sera le même que pour moi !

Réponse : sourire contrit...

 

En conclusion :

 

Je dénonce les pratiques de certaines sociétés qui offrent des emplois qui exigent des compétences plus que basiques et qui offrent des rémunérations esclavagistes, qui plus est dans la précarité de stabilité (CDD) tout en imposant flexibilité et disponibilité (jusqu'à suggérer un déménagement presque conditionnel à l'embauche)

 

Je dénonce les pratiques de ces mêmes sociétés qui communiquent leurs offres d'emploi sans mentionner les termes réels de l'offre et font donc se déplacer des gens qui espèrent et qui repartent effondrés.

 

Je dénonce les pratiques encore de ces gens qui pensent qu'ils peuvent tout obtenir sur base du simple fait qu'on est dans le besoin.

 

Je dénonce ces pratiques à nouveau car elles ne permettront jamais au Portugal que ses forces vives y restent, acquièrent des expériences additionnelles tout en améliorant leurs conditions de vie.

 

Bref, je dénonce parce que je trouve cela absolument INADMISSIBLE et que je ne souhaite pas ce monde où parfois l'Homme est vraiment un vilain méchant loup pour l'Homme.

 

Calou Gato

1er août 2018

 

 

 

 

 

 

 



01/08/2018
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