La Vie en Rose au Portugal

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La genèse du Portugal - partie 2- Les Romains et leur héritage

Les Romains et leur héritage au Portugal

 

Dans un article précédent, je vous ai parlé des premiers visiteurs du Portugal : les Phéniciens, Carthaginois, Grégeois, Celtes, Lusitaniens et Gaulois (à lire ici si vous l'avez manqué : La genèse du Portugal 1)

 

 

Dans l'Antiquité, on s'est beaucoup battu en Méditerranée, les Grecs et les Romains ne cessant de se voler la suprématie, parfois même aussi contre les Carthaginois.

 

Au cours de l'une des guerres entre les Romains et les Carthaginois (ces guerres sont connues sous le nom de "guerres puniques"), les Romains sont arrivés à prendre la péninsule ibérique, appelée aussi Hispanie, alors sous domination carthaginoise. Nous sommes entre 218 et 201 avant notre ère.

 

Les Romains s'installent, donc, dans leur nouvelle colonie et pénètrent, bien sûr, en Lusitanie (partie du sol portugais entre le Douro et le Tage). Mais, les Lusitaniens ne se laissent pas faire par ces nouveaux envahisseurs à qui ils opposent une forte résistance. Et parmi eux, un Lusitanien plus remarquable que les autres, VIRIATO. 

 

VIRIATO va armer les Lusitaniens qui vont se battre, avec d'autres peuplades locales, contre les Romains tant et si bien qu'en 140 avant notre ère, après une victoire lusitanienne de plus, les Romains vont demander un traité de paix par lequel ils vont reconnaître l'indépendance des Lusitaniens, allant jusqu'à déclarer VIRIATO "ami du peuple romain".

 

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VIRIATO

Par Nuno Tavares — Travail personnel, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=637874

 

Les Romains finirent par rompre ce traité et, persécuté, VIRIATO envoya une délégation de paix à ses ennemis. Ceux-ci soudoyèrent les ambassadeurs lusitaniens qui à leur retour assassinèrent VIRIATO dans son sommeil. Privés de leur chef, les Lusitaniens se rendirent en échange de terres où s'installer.

 

Tout se passa relativement bien, malgré quelques échauffourées régulières et désorganisées, jusqu'en 80 avant notre ère. En effet, les Lusitaniens venaient de trouver un nouveau chef en la personne de SERTORIUS, ancien général chassé de Rome et passé à l'ennemi. 

 

SERTORIUS va réorganiser l'armée lusitanienne qui va infliger de grandes défaites aux Romains. Cette révolte obligea Jules-César à venir lui-même en Hispanie pour tenter de pacifier le territoire. Entre-temps, d'autres peuples se soulevèrent aussi et les Romains ne parvinrent pas à calmer la situation, les luttes durant jusqu'à Vespasien, en 69 avant notre ère.

 

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SERTORIUS

 

Les Romains eurent toutefois le temps d'implanter leurs organisations sociale et politique.  Sous Auguste, l'hispanie, jusqu'alors constituée de deux provinces romaines, fut divisée en trois parties dont l'une était la Lusitanie. Cette province avait Merida (Emerita Augusta, en latin) comme capitale et occupait pratiquement tout l'actuel territoire portugais à l'exception des terres situées au nord du Douro. La Lusitanie était une province impériale, sous le contrôle de l'Empereur lui-même.

 

Pour gouverner, les Romains instaurèrent un système de CONVENTI, assemblées composées de représentants natifs et de Romains issus des communautés locales, et dirigées par un gouverneur de province.  Il y avait trois CONVENTI en Lusitanie : un à Santarem (Scalabis, en latin), un à Mérida (Emerita Augusta, en latin) et un à Beja (Pax Julia, en latin).

 

Les plus grandes avancées dans la colonisation et l'urbanisation de la péninsule ibérique sont dues à Jules-César qui fortifia de nombreuses villes. Sur l'actuel Portugal, se fut le cas de Santarem, de Lisbonne et de Beja.

 

En plus de constructions publiques gigantesques, les Romains développèrent un incroyable réseau de routes principales et de routes secondaires, couvertes de grandes dalles de pierre et ornées, de mille en mille, de colonnes indiquant les distances entre les grandes villes, le nom du constructeur de la route et de celui qui l'entretenait.  Toutes ces routes devaient mener à Rome.

 

Au 3ème siècle avant notre ère, il y avait 11 voies romaines importantes sur l'actuel Portugal. Mais la plus importante faisait plus de 360 km et reliait Lisbonne (Olisipo, en latin) à Braga.

Pour traverser les cours d'eau, les Romains construisirent des ponts robustes dont certains sont encore visibles aujourd'hui (Le Portugal détient le record du nombre de ponts romains intacts, source Wikipedia)

 

 

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PONT DE TRAJAN A CHAVES

Par Carlos Botelho — http://www.chaves.pt for Media use, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1177174

 

Les Romains appréciaient la Lusitanie et ont laissé d'autres traces de leur passage, comme la conserverie du poisson et l'extraction du sel, deux activités développées à hauteur quasi industrielle. Mais pourquoi donc au Portugal ? Parce que les Romains étaient friands de GARUM.

 

Le GARUM est un condiment liquide fabriqué à base de thon rouge. Le Portugal se trouvant sur la route migratoire de ces poissons de l'Atlantique vers la Méditerranée, il était naturel que les Romains installent leurs "usines" sur le territoire portugais. Dans ces installations, on faisait macérer le sang, les oeufs et les viscères du thon dans une grande quantité de sel (50%), dans de grandes cuves appelées "Cétarias". 

 

Comme le GARUM devait être livré à Rome et dans tout l'Empire, on installa de grands ateliers de céramiques à côté des conserveries. Ces grandes exploitations (poissons et céramique) se trouvaient principalement au Sud du Tage, près des grandes exploitations d'extraction du sel.

 

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CUVES A GARUM

By Igiul - Own work, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3955633

 

Les Romains sont aussi les artisans des premières grandes exploitations agricoles, principalement en Algarve et en Alentejo, premières provinces pacifiées.

 

Là, un peu comme aujourd'hui encore, ils développèrent d'immenses propriétés, autosuffisantes, au centre desquelles se trouvaient une ou plusieurs villae, riches et somptueusement bâties.

 

Ils y firent pousser, à grande échelle et grâce à leurs techniques agricoles très avancées, des céréales qui, peu à peu, amenèrent les Portugais à les utiliser en remplacement des glands dans la fabrication du pain.

 

La seule chose que les Romains n'arrivèrent pas à imposer aux Lusitaniens, c'est leur religion, bien que, au fur et à mesure de la romanisation, le culte des dieux locaux fut calqué sur la méthode romaine et qu'avec le temps, certaines associations se firent entre les divinités romaines et les divinités locales.

 

A suivre ...

 

 

 

 

 



23/09/2017
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