La Vie en Rose au Portugal

La Vie en Rose au Portugal

La genèse du Portugal - partie 1- La préhistoire, les Phéniciens, les Celtes, les Lusitaniens et ... les Gaulois

Je vous parle d'un temps que les moins de 2000 ans ne peuvent pas connaître ...

 

L'actuel territoire portugais, presque 6 fois plus petit que la France, n'a pas toujours été le Portugal.

 

Pendant toute l'Antiquité et une grande partie du Moyen-Âge, on appelait cet endroit, situé à l'extrémité de la plateforme continentale européenne, le FINISTÈRE (expression qui signifie "fin du monde").

 

Ceci explique peut-être pourquoi le territoire portugais s'est peuplé tardivement, bien qu'on y trouve des traces de présence humaine durant toute la préhistoire.

 

Les différentes civilisations que l'on retrouve sur cette partie du continent sont arrivées par la terre (on ne voyageait pas encore en bateau !), en traversant les montagnes qui la sépare de l'actuelle Espagne et en suivant fleuves et rivières. Le relief du Portugal est très accidenté, présentant des plateaux montagneux découpé de vallées parfois profondes. 

Depuis la nuit des temps, les déplacements y sont donc difficiles, et certainement pour les populations antiques.

 

Les premiers résidents ont donc suivi les fleuves et les rivières puis se sont installés sur leurs rives plus fertiles et où la pêche était aisée. La densité de population, des agriculteurs et des pêcheurs, a donc toujours été plus importante le long des cours d'eau et sur le littoral.

 

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A tous les âges de la Préhistoire (pierre, bronze, fer,...), les humains sont arrivés au Portugal, poussés par les variations climatiques, les déplacements de gibiers, et autres mêmes raisons qu'ailleurs sur la planète. Mais les tous premiers à véritablement le coloniser sont les PHÉNICIENS.

 

Les Phéniciens n'ont pas de pays. La "Phénicie" n'existe pas comme un pays à proprement parler, mais plutôt comme un territoire d'où cette population est originaire. C'est une civilisation de commerçants nomades qui construisent des comptoirs, des villes-état indépendantes les unes des autres, partout où ils s'installent. Ils arrivent au Portugal en suivant, eux aussi, les cours d'eau, venant de leur base de Cadix (Espagne) ou de Carthage (Afrique du Nord), pour s'établir principalement à Lisbonne, Sétubal ou Faro.

 

Pour leur commerce, ils viennent extraire des métaux (argent, cuivre, étain, or,...) et apportent la culture du vin et la céramique pour les jarres, l'olive pour l'alimentation et la fabrication de "bougies", la saumure pour conserver le poisson qu'ils exportent, les premières réelles formes d'écriture et la structure politique en villes et royaumes qu'ils implantaient partout dans leurs comptoirs.

 

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À partir du début du 6ème siècle avant JC, les cités phéniciennes déclinent et cela se ressent dans les comptoirs ibériques qui, très vite, passent sous l'influence de Carthage, ancienne colonie africaine phénicienne. Carthage est alors en passe de dominer le commerce dans toute la Méditerranée centrale et occidentale.

 

La décadence phénicienne permet alors à d'autres peuples de naviguer vers la péninsule ibérique comme les Grégeois dont la présence sur le territoire portugais n'a pourtant pas été très significative. Ils ont toutefois donné au Portugal, l'utilisation de la monnaie.

 

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Si les Phéniciens, les Carthaginois ou les Grégeois se sont installés plutôt au Sud du Tage, ce sont des migrations indo-européennes qui peuplèrent l'intérieur et le nord du Portugal. Quand elles arrivèrent, durant le premier millénaire avant JC, elles connaissaient déjà la métallurgie du fer et le tour de potier.

 

Ces populations brûlaient leurs morts et en conservaient les cendres dans des urnes. Ceci leur valut le nom de "civilização dos compos das urnas".

 

C'est à la fin du 6ème siècle avant JC que l'on assiste à de grands mouvements qui vont  bousculer la distribution des populations sur la péninsule ibérique et donc, sur le Portugal. En effet, de nouvelles communautés continentales arrivent avec une nouvelle civilisation : les Celtes, qui vont se fixer en Alentejo et en Algarve mais aussi au Nord, dans le Minho.

 

Les Celtes vivent dans des villages enceints de fortifications, construits sur des emplacements élevés. Ils travaillent bien tous les métaux et son polythéistes. Ils pratiquent l'art divinatoire et les prêtres interprètent des oracles.

 

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Avec eux, deux ethnies d'Europe Centrale vont prendre une importance considérable entre le 5ème et le 2ème siècle avant JC : les Lusitaniens qui s'installent entre le Douro et le Tage (l'ancienne Lusitanie allait jusqu'à Cacerès en Espagne) et les Gaulois qui occupent principalement la région entre le Douro et le Minho.

 

Les frontières, à proprement parler, n'existent pas entre les populations. Les Lusitaniens vont donc entrer en contact avec les Celtes au Sud et les Gaulois au Nord. Les échanges, armés ou pacifiques, feront se mélanger les coutumes et les religions.

 

C'est ainsi que des Gaulois, les Lusitaniens retiendront une originalité qui contaminera définitivement la culture portugaise : la structure civile en "castros"(citânias ou cividades).

 

Les "castros" sont des villages gaulois composés de 20 à 50 maisons familiales en pierres ainsi que quelques bâtiments administratifs et de culte. Ce groupe bâtit est encerclé de deux à trois murailles de pierre séparées par des fossés. Les villages sont bâtis sur les hauteurs.

 

La pierre est le matériau de construction de prédilection des Gaulois car il est abondant dans les régions où ils se sont installés.  Les maisons familiales ont un modèle circulaire, avec un petit atrium servant de vestibule (hall d'entrée). Le sol était en terre battue et le toit en chaume.

 

Chaque castro avait un chef et la structure sociétale était axée sur la FAMILLE.

 

Ils étaient éleveurs et cultivaient potager et céréales. Sur la côte, ils pêchaient. Ils connaissaient le vin mais produisaient une boisson à base de fruits fermentés.

 

Ils pratiquaient le culte en plein air, comme les Celtes et les Lusitaniens, brûlaient aussi leurs morts mais en conservaient les cendres dans des urnes, gardées à proximité des maisons, renforçant ainsi l'importance de la famille, importance encore bien visible dans la culture portugaise actuelle.

 

À suivre ....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



16/09/2017
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