La Vie en Rose au Portugal

La Vie en Rose au Portugal

J’ai trouvé la seule République Royale du Portugal … à Coimbra – Mon incroyable voyage dans le temps Episode 2

Coimbra, la Glorieuse...

 

J’ai vu la seule et unique République Royale au Portugal. C’est absolument véridique !

 

J’ai visité la ville avec Pierre-Marie, un jeune historien de 28 ans, en amoureux (pas l’un de l’autre Embarrassé) des mêmes choses. Je vous raconte tout.

 

La ville

 

Comme de nombreuses villes importantes au Portugal, Coimbra se dresse, le long d’un fleuve, le MONDEGO, qui présente la particularité d’être le plus grand fleuve entièrement portugais et qui vient se fondre dans l’océan atlantique à Figueira da Foz.

 

Les bâtisses de la ville ancienne, toutes différentes, grimpent avec beaucoup de courage la colline de l'Alcaçova, jusqu’au site culminant de l’Université. Je dis qu’il faut aux ruelles beaucoup de courage parce que la montée est parfois tellement pénible que les habitants leur ont donné le nom de Quebra-Costas (brise-dos) !

 

Dès le Moyen-Age, c’est pourtant la noblesse et le clergé, puis l’Université, qui investissent le ville haute (Alta), laissant aux commerçants et artisans, l’avantage de la proximité du bord de l’eau dans la ville basse (Baixa).

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 Ruelle du Vieux Coimbra

 

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 Escaliers qui mènent au site universitaire

 

Coimbra est l’une des plus anciennes villes du pays et en a été longtemps la capitale (jusqu’en 1255). On raconte d’ailleurs que Coimbra serait toujours la capitale du Portugal, personne n’ayant pensé à l’époque à officialiser par écrit ce changement de statut !

 

On y a entendu les premiers cris des 6 premiers rois du Portugal. 

D. Afonso I et D. Sancho I, les deux premiers, y sont d’ailleurs enterrés dans le chœur de l'Église de l’ancien monastère Santa-Cruz.

 

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Santa Cruz

 

Ce monastère s’étendait à travers toute la cité. On voit encore ce qu’il reste de son immense parc, l’actuel parc de Santa Cruz, mieux connu sous le nom de Jardim da Sereia dont l’entrée vous invite à la promenade dès votre arrivée sur la Praça da República.

 

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 Parc de Santa Cruz

 

Tout au sommet de la colline, se dresse la prison de Coimbra, inaugurée en 1901, sur un schéma peu banal. Sa construction spectaculaire, sur un plan de croix romaine, avec en son centre une tour surmontée d’une coupole pour permettre la surveillance de l’entièreté du bâtiment, lui donne comme un air de basilique. Ce qui encore aujourd’hui est loin d’être son usage puisque l’établissement carcéral fonctionne toujours !

 

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La prison civile de Coimbra

 

 

En face de la prison, le jardin botanique, propriété de l’Université et actuellement largement ouvert au public, est un modèle de biotope original, rassemblant depuis plusieurs siècles des espèces parfois rares. Y poussent même des bananes !

 

 

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Le jardin botanique

 

 

Coimbra recense de nombreux bâtiments historiques et parmi eux, deux cathédrales la Sé velha et la Sé Nova. Cette dernière a été le siège de la congrégation des Jésuites jusqu’en 1759, date à laquelle cet ordre a été expulsé du pays. Depuis, on a fait tomber la statue de Saint Ignace de Loyola qui ornait le fronton pour la remplacer par les armes du Portugal.

 

Mais les ecclésiastiques ont laissé une très jolie surprise à la ville : dans leur fuite, ils ont caché des documents dans l’autel de la cathédrale. Des lettres expliquant le fonctionnement de leur ordre et un récit des derniers jours précédant leur fuite. Ce précieux trésor a été retrouvé l’an dernier quand un employé à la restauration de l’église voulut nettoyer l’intérieur de l’autel !

 

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La Sé Nova

 

Il y a également le couvent des clarisses de Santa-Clara-a-Velha qui se languit le long du fleuve. Il a été très longtemps le paisible et dernier refuge de la douce reine Isabel, la femme du fameux roi D. Dinis. Les multiples débordements du Mondego, ont obligé les nonnes à construire leur couvent de Santa-Clara-a-Nova, un peu plus loin et un peu plus haut, emportant avec elle, la royale sépulture.

 

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Santa-Clara-a-Velha

 

 

 

La reine Isabel d’Aragon était une reine douce, généreuse et extrêmement pieuse. Elle ne pouvait s’empêcher de donner l’aumône à tous les pauvres de la ville. Un jour, D. Dinis, excédé de voir s’appauvrir son garde-manger, s’en prend à Isabel, qui comme presque tous les jours, remplissait son panier pour visiter les quartiers pauvres. Il lui demande : « Ma Reine, vous sortez ? Découvrez donc votre panier que je puisse en voir le contenu dont je suis persuadé qu’il ne servira pas à mon repas ». La Reine lui répond « il ne s’agit que de fleurs, de très belles roses, Monseigneur » et docilement, elle découvre son panier dont le gourmand chargement se changea miraculeusement en roses.

 

Cette légende alimente encore le folklore local et partout la rose est associée à l’histoire et d’Isabel et de sa capitale.

 

 L’Université et la bibliothèque joaninne

  

La première université du Portugal a déménagé de nombreuses fois entre Lisbonne et Coimbra. Ce n’est qu’en 1537 qu’elle s’est définitivement fixée quand le roi João III lui cède son palais qui abrite encore aujourd’hui la faculté de droit et la bibliothèque universitaire.

 

Voyez toutes les autres photos de ses merveilles dans l’album COIMBRA sur le côté gauche du texte.

 

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L'ancien Palais Royal devenu le siège de l'Université

 

 

Tous les bâtiments historiques de l’institution académique sont encore utilisés par les étudiants et dans la bibliothèque, l’une des plus somptueuse de la planète, ils peuvent accéder à tous les volumes. Il y a plus de 60.000 ouvrages publiés entre le 13ème et le 18ème siècles qu’ils peuvent consulter, en salle blanche, sur simple demande !

 

Pour préserver ce trésor sensible aux insectes, la bibliothèque accueille une grande population de chauves-souris, capturées et installées là pour éviter aux livres de participer au festin des larves et autres vers.

 

Elle abrite aussi, au sous-sol, la prison de l’Université qui a été utilisée jusqu’en 1834. En effet, le règlement de l’Université étant très stricte, élèves et professeurs étaient forcés de s’y soumettre s’ils ne voulaient pas en être expulsés. Toutefois, si les uns ou les autres venaient à ne pas le respecter, ils encouraient des peines parfois sévères allant de l’amende pécuniaire à l’emprisonnement dans le cachot de la bibliothèque !

 

 


Video de la bibliothèque universitaire

 

Les étudiants, la vie dans l’Université et les Républiques

 

« République Royale », vous disais-je ? Est-ce possible ? Ça l’est, à Coimbra !

 

Les Républiques sont des habitations investies et gérées par les étudiants, mais aussi… entretenues par eux ! Toutes ont un nom et l’une d’entre elles a été baptisée avec humour « Real República », real pouvant à la fois signifier réel, authentique et … royal !

 

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La Real República

 

« Les républiques sont des résidences accueillant des étudiants des diverses facultés de la ville. Mais ces étudiants partagent beaucoup plus qu’une même adresse. Ils font l’expérience d’une vie communautaire en se partageant les tâches d’entretien de la maison. Ces résidences universitaires sont de véritables lieux d’apprentissage et de socialisation alternatifs. De nombreuses figures de la culture et de la vie politique portugaise ont ainsi fait leur classe dans ces républiques. Ces maisons ont aussi constitué des lieux de politisation.»

https://capsurleportugal.wordpress.com/2017/01/16/voyage-dans-les-republiques-etudiantes-de-coimbra-avec-pascal-journet/

 

Pascal Journet a consacré tout un ouvrage à ces habitations historiques et emblématiques de la cité universitaire. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez prendre contact avec l’auteur en cliquant ici :   pour commander le livre de Pascal Journet

 

La vie estudiantine à Coimbra est rythmée de nombreuses traditions. Les étudiants entament régulièrement sérénades et autre fado typique pour gagner quelques sous qui leur serviront à financer leur char pour le cortège annuel.

 

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Ils sont tous vêtus de noir. Leur uniforme subit les derniers outrages à la fin de leur parcours académique quand au cours du Rasganço, rituel de dernière année, ils se le font arracher par leurs congénères dans le seul but d’en accrocher un morceau à la grille du portail du siège de l’Université.

 

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 Les morceaux d'uniforme accrochés au prix d'un effort olympique

 

 

Leur uniforme est sacré pourtant. Ainsi, il est arrivé tout récemment que deux étudiants, épris l’un de l’autre en arrivent à se marier dans l’église de l’Université. Les nombreux étudiants, témoins du mariage, ont ensuite étendu leur sombre cape sur les marches du parvis pour  souhaiter bonheur et prospérité au couple qui les piétinait en sortant de l’église.

 

Les étudiants sont aussi des sportifs et le club de football de la ville est indissociablement lié à la culture académique. Mais bien plus encore, c’est le football qui a amené les étudiants à forcer le pouvoir en place en 1969.

Pour en savoir plus sur ce passionnant sujet, je vous invite à lire l’article de Pierre-Marie sur en cliquant ici :  le sport et les révolutions

 

Coimbra est une ville surprenante et symbolique. D’ici sont partis de nombreux mouvements révolutionnaires pour se rependre à travers tout le Portugal.

 

C’est ici aussi que de nombreuses personnalités ont été formées pour faire du Portugal, le merveilleux pays qu’il est aujourd’hui !

 

Dans les prochains épisodes, Agueda la Multicolore, Luso et ses airs de Riviera Italienne et Buçaco, la « désertique ».

 

A très bientôt

 

Calou

 



05/08/2017
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