La Vie en Rose au Portugal

La Vie en Rose au Portugal

Traditions portugaises


Le CARNAVAL dans le monde et, spécialement, au Portugal

Les carnavals du monde sont tous plus beaux les uns que les autres. Mais au Portugal, il est le prétexte à de nombreuses fêtes populaires où les traditions et le folklore sont d'une très grande vivacité.

 

 

Le carnaval est la première manifestation de l'année dans les agendas régionaux portugais et il fait se déplacer un grand nombre de personnes dans la bonne humeur.

 

Les grands carnavals du monde

 

Il y a de très nombreux carnavals sur la planète, tous plus beaux les uns que les autres.

 

- le carnaval de la Nouvelle-Orléans(États-Unis) où il a été introduit par les colons français.

 

- le carnaval de Venise(Italie) qui est certainement le plus ancien du monde puisse qu'on en parle dès le début du 10ème siècle.

 

- le carnaval de Santa-Cruz de Tenerife(Iles Canaries) qui est le 2ème plus grand carnaval après celui de Rio et qui est le prétexte à 15 jours d'extravagances.

 

Carnaval-2015-Reina-stacruz-tenerife-c-Jesus-DSousa.jpg_369272544.jpgSanta-Cruz de Tenerife

 

- le carnaval de Cologne (Allemagne) qu'on appelle "la 5ème saison" et qui commence officiellement  le 11 novembre à 11h11. Son point d'orgue est le vendredi précédent le Mardi Gras, avec la journée d'émancipation des femmes : toutes se déguisent, même pour aller travailler.

 

- le carnaval d'Oruro (Bolivie) où l'on célèbre PACHAMAMA (la Terre Nourricière) et TIO SUPAY (le dieu des Enfers) en exécutant la danse du Diable.

carnavaloruro-.taringa.net_.jpgOruro- Bolivie

 

- le carnaval de Binche (Belgique), classé par l'UNESCO et au cours duquel les GILLES, des hommes au dos de de paille et coiffés de plumes d'autruches, jettent des oranges dans la foule. Notez que le jet d'agrumes est une pratique très ancienne du carnaval.

 

- le carnaval de Nice (France) avec de très nombreux chars d'où l'on jette des bouquets de fleurs dans le public. Pratique apparentée au lancer d'oranges des Gilles de Binche.

 

binche carnaval.jpg  carnaval nice.jpg

 

- Il y a un autre carnaval qui vient aussi d'entrer au patrimoine culturel de l'UNESCO, c'est le carnaval de Bâle (Suisse). On boit d'ailleurs, uniquement pendant cette période, une spécialité appelée MÄLHSUPPE.

 

Et puis, il y a le plus grand carnaval du monde qui est... portugais. C'est le carnaval de Rio de Janeiro (Brésil).

 

Je dis qu'il est portugais parce qu'à l'origine, ce carnaval, importé au Brésil par les colons lusitaniens, s'appelait ENTRUDO.

 

L'ENTRUDO est une fête portugaise qui date du Moyen-Âge au cours de laquelle on se faisait des blagues, des farces.

En fait,  ENTRUDOS est le nom donné à des poupées géantes, réalisées en bois et en paille, qu'on utilisait pendant cette fête pour caricaturer, pour se moquer.

 

entrudos portugal.jpgEntrudos 

 

L'ENTRUDO est arrivé en 1641 au Brésil avec les premiers portugais et, à cette époque, tout le monde y participait dans la nouvelle colonie : les maîtres comme les esclaves.

 

Mais comme ce ne sont évidemment pas des gens du même monde et que tous les intérêts les opposent, l'Entrudo brésilien s'est divisé en deux pratiques différentes : l'entrudo familiar et l'entrudo popular.

 

Pour l'ENTRUDO FAMILIAR, il était permis aux enfants de se faire des farces et de se lancer des citrons les uns aux autres. C'est justement cette pratique qui a donné le jet des oranges à Binche et de fleurs à Nice.

 

L'ENTRUDO POPULAR, lui, se fêtait dans les rues et là, ce n'était pas des agrumes qu'on se jetait mais de l'eau, beaucoup d'eau, dans le but de mouiller tout le monde.

 

Ces festivités Popular et Familiar, devenues brésiliennes, ont duré jusqu'au 1er vrai carnaval de Rio qui a eu officiellement lieu en 1840.

On y a dansé la polka et la valse car la samba n'y a été introduite qu'en 1917, une fois l'esclavage aboli.

 

Ce sont, en effet, les esclaves qui ont apporté la samba au Brésil, principalement ceux d'Afrique de l'Ouest et surtout, d'Angola.

 

Une fois redevenus libres, les esclaves sont partis vers le sud et vers Rio. Il se réunissaient à des endroits comme la Praça Onze ou la Cidade Nova pour danser et jouer de la musique.

 

Rapidement, de petites compétitions sont nées entre les compositeurs et danseurs et les premières écoles de samba sont apparues dans ce quartier (où d'ailleurs se trouvent encore les plus renommées).

 

Aujourd'hui, chaque quartier de Rio à son BLOCO. Il y a, à peu près, 300 blocos à Rio.

 

Chaque bloc a ses propres musiques et ses propres chorégraphies.

 

Les deux BLOCOS les plus célèbres sont  le CORDÃO DA BOLA PRETA et la BANDA DE IPANEMA.

 

cordao da bola preta.jpg  banda ipanema.jpg

 

 

Les écoles de samba défilaient autrefois dans l'une des principales artères de Rio. Comme c'était devenu dangereux à cause du nombre de participants toujours plus grand chaque année, on a  construit un SAMBADROME, un stade spécialement conçu pour la parade au cours de laquelle chaque école danse une chorégraphie de 85 minutes qui sera jugée pour l'élection de la meilleure école du carnaval.

 

Les costumes ont aussi une énorme importance.

 

L'idée de se déguiser à carnaval remonte aux Romains. Pendant les Asturiales et les Bacchanales, les Romains de l'Antiquité mangeaient mais surtout buvaient beaucoup.

Ils buvaient tellement que, ivres morts, ils en arrivaient à échanger leurs vêtements : un soldat devenait un commerçant et vice-versa.

 

Au Brésil, pendant l'Entrudo, les esclaves (qui je le rappelle avaient le droit de faire aussi la fête), se déguisaient suivant leurs coutumes et avec ce qu'ils avaient sous la main (des plumes, des herbes, des pierres), essayant de confectionner avec les moyens du bord des costumes traditionnels pour exécuter des danses tribales surtout pour invoquer leur dieu et chasser les mauvaises esprits.

 

Ce sont les pratiques de ces esclaves qui sont la base des costumes du carnaval de Rio.

 

Et au Portugal, comment se passe le carnaval ?

 

C'était, et cela reste, une fête populaire, emplie de traditions locales, avec encore de nombreuses traces de l'ancien Entrudo.

 

D'abord, à carnaval (qui viendrait de "carne vale"- fin de la viande), on mange beaucoup.

"Carne vale" fait en effet référence à la très prochaine abstinence et aux privations imposées par le carême catholique.

On mange beaucoup de viande dans des cozidos ou dans des feijoadas, un plat mijoté avec des haricots et de la viande de porc.

Suivant les régions, ce sont les oreilles ou les pieds de porc qui sont la particularité de la feijoada.

 

Et pourquoi pas de poisson ?

 

Et bien, parce que le poisson, on l'enterre !

 

Au Portugal, on enterre la morue qui est symbole d'abondance, de satisfaction, de joie de vivre et, comme le carême approche, c'est un acte symbolique. Cela s'appelle O ENTERRO DO BACALHAU et on le pratique souvent le mardi gras pour clôturer le carnaval.

 

enterro bacalhau.jpgEnterro do Bacalhau em Rosário

 

 

Il y a des carnaval dans toutes les villes et les villages les plus reculés.

Les plus célèbres carnavals portugais sont ceux de : Alcobaça, Estareja, Loulé, Loures, Nazaré, Ovar, Sesimbra, Torres Vedras et Madère.

 

Voici quelques détails pour certains d'entre eux :

 

Le carnaval de Sesimbra

 

On dit qu'il est le plus important du portugal, appelé même "le petit carnaval de Rio".

On y trouve 6 écoles de samba et 2 groupe récréatifs qui travaillent toute l'année, comme à Rio, sur leur schorégraphie et costume.

Toute la population participe à ce carnaval.

Le lundi, c'est le jour des clowns.

Le mardi, on clôture le carnaval avec l'enterrement de la morue.

 

carnaval sesimbra.jpg

 

 

 

Le carnaval de Madère

 

Il commence avec la FESTA DOS COMPADRES (un homme et une femme), les descendants des ENTRUDOS, ces grandes poupées à caractère satirique, qui vont tout critiquer, essentiellement la vie sociale et la politique, et qui seront brûlées en punition à la fin du carnaval.

 

Le samedi soir, il y a un grand cortège qui s'appelle O CORTEJO ALEGÓRICO qui se termine en bal populaire.

 

Le mardi après-midi  c'est le cortège O CORTEJO TRAPALHÃO où tout le monde se mélange pour se faire des farces ou des plaisanterie.

 

Le carnaval de Torres Vedras

 

Il se présente comme la plus grande "désorganisation organisée" du pays.

Le carnaval de Torres Vedras a eu lieu pour la première fois en 1912, mais il n'est devenu annuel qu'en 1923, quand sont apparus les CABEÇUDOS, des géants, autres descendants des ENTRUDOS.

 

cabeçudos torres.jpgCabeçudos

 

Avec les géants, un homme et une femme, le roi et la reine du carnaval, qui, à Torres Vedras, sont traditionnellement deux hommes.

 

En 1926, on introduit les MATRAFONAS, qui sont devenus un point fort de ce carnaval. Les MATRAFONAS sont des hommes déguisés en femmes.

 

En 1926, les femmes ne pouvaient pas participer au carnaval, et les paysans, pauvres et donc sans moyens pour s'offrir de coûteux costumes, se sont déguisés en femmes, accoutrement meilleur marché.

 

matrafonas.jpgMatrafonas

 

 

Au 20ème siècle, on a ajouté des chars d'abord tirés par des chevaux. Ce sont des chars caricaturaux d'animaux, de personnalités ou d'hommes politiques, qui peuvent parfois atteindre jusqu'à 7 mètres de haut.

 

Le thème du carnaval de Torres Vedras change chaque année:

Vous trouverez plus d'informations sur l'agenda de ce carnaval sur le site www carnavaldetorres.com

 

 


06/02/2018
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Le FADO

Le mot FADO viendrait du latin FATUM, qui veut dire DESTIN, mais le FADO étant apparu au début du 19ème siècle, on pourrait penser qu'il vient plutôt du verbe portugais FADAR qui signifie PREDESTINER.

 

Le FADO est aujourd'hui inscrit au PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL DE L'HUMANITÉ par l'UNESCO.

 

On en sait pas très bien d'où est venu ce genre musical où les thèmes généraux sont la SAUDADE (nostalgie typiquement portugaise), l'amour/la jalousie, le chagrin, les difficultés de la vie, ... mais, compte-tenu des diverses influences que l'on retrouve dans ce genre musical et des thèmes chantés, on peut penser que ce sont les MARINS qui en sont à l'origine.

 

D'autant plus qu'à ses débuts, le FADO s'entonnait dans les bars des quartiers pauvres et assez mal famés, près des docks, où un quidam un peu éméché se levait pour chanter une complainte douloureuse mais souvent sincère.

 

À ce moment-là, dans l'établissement, quelqu'un criait "SILENCIO, QUE SE VAI CANTAR O FADO" (Silence, car on va chanter le fado).

 

Il existe deux fados : celui de Lisbonne et celui de Coimbra.

 

LE FADO DE LISBONNE

 

Il était considéré comme chant national sous Salazar mais, à cette époque, il était interdit de chanter ce que l'on voulait. Les textes étaient censurés. Il était, bien évidement, recommandé de ne pas faire référence à la situation sociale ou politique sous peine d'avoir de très gros ennuis !

 

C'est Amalia RODRIGUES qui a fait connaître le FADO dans le monde entier. Avec João BRAGA, un autre chanteur renommé, ils ont mis à l'honneur les textes de grands poètes portugais comme CAMÕES ou PESSOA.

 

Un chanteur de fado, ou une chanteuse, est un/une FADISTA.

 

À Lisbonne, hommes et femmes peuvent chanter le fado (à Coimbra, seuls les hommes sont des fadistas).

 

Le/la fadista est accompagné de GUITARRA (guitare portugaise à cordes pincées qui s'apparente à la mandoline) et d'un ou plusieurs VIOLÃO ou VIOLA, une autre sorte de guitare très répandue dans le monde lusophone.

 

Clic ici : Pour écouter un FADO DE LISBONNE

 

LE FADO DE COIMBRA

 

Ce fado est complètement différent du fado de Lisbonne. C'est un chant lié aux TRADITIONS UNIVERSITAIRES. Il n'est chanté que par les hommes et seulement dans les rues ou en société.

 

Le fadista et les musiciens portent l'habit noir de leur université.

 

Le thème général du fado de Coimbra, c'est l'amour, sous toutes ses formes (dulcinée, terre, amis,...). C'est bien moins mélancolique que le fado de Lisbonne et c'est, parfois, assimilé à de la gaillardise quand certaines chansons prennent des tournures critiques ou satiriques (surtout envers le conservatisme des professeurs).

 

On voit parfois des groupes d'étudiants, garçons ou filles, chanter dans les rues.  Ce sont des groupes qui existent dans toutes les universités. On les appelle TUNA.

 

Clic ici :  Pour écouter un FADO DE COIMBRA

 

 

 


11/11/2017
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